Prix Peace Brigades International
Los Colores de la Montaña gagné le Prix Peace Brigades International, 2'000.- pour le réalisateur, prix financé par le Service de la Solidarité internationale SSI - Canton de Genève. Filmar 2011
Mot de remerciement du réalisateur
Me alegra mucho no sólo a mí, sino a todo el equipo que hizo realidad Los Colores de la Montaña. Hemos hecho esta película con todo el corazón, y no dejo de agradecer especialmente a Mauricio, Genaro y Luis Nolberto, mis niños protagonistas que le han dado toda la naturalidad y poesía que necesitaba este filme. En Colombia, y en muchos festivales en el mundo, mi opera prima ha llegado con el mensaje y sentimiento que queríamos, con la misma sencillez que retrata este drama cotidiano que sufren los campesinos colombianos.
Un gran pesar no estar en Ginebra , y poder recibir el premio. Agradezco al jurado esta hermosa distinción de recibir el premio " PBI Peace Brigades International". He visto las películas que participaban este año y me he dado cuenta del alto nivel de las obras cinematográficas de esta versión. La alegría que siento nos ayudará sin duda a seguir contando historias en imágenes que es el sueño de cualquier cineasta. Un cine honesto y comprometido con nuestra difícil realidad en Colombia.
Carlos César Arbeláez Director
C'est une joie non seulement pour moi, mais aussi pour toute l'équipe qui a fait de Los Colores de la Montaña une réalité. C'est avec notre coeur que nous avons réalisé ce film, et je suis particulièrement reconnaissant à Mauricio, Genaro et Luis Nolberto, mes enfants acteurs qui ont apporté à ce film tout le naturel et la poésie qu'il lui fallait. En Colombie, et dans beaucoup de festivals à travers le monde, ma première oeuvre a exprimé le message et les sentiments que nous souhaitions transmettre, dépeignant avec simplicité ce drame que vivent les paysans colombiens au quotidien.
J'aurais tant aimé me trouver à Genève pour recevoir ce prix. Je remercie le jury de m'avoir fait l'insigne honneur de me décerner le prix PBI, Peace Brigades International. J'ai vu les autres films en lice cette année, et j'ai pu constater le haut niveau des oeuvres cinématographiques de cette édition. Cette joie que vous m'apportez nous aidera sans aucun doute à raconter encore d'autres histoires en images, le rêve de tout cinéaste. Pour un cinéma honnête et engagé, face à notre difficile réalité, en Colombie.
Carlos César Arbeláez Réalisateur
Les couleurs de la montagne ou la Colombie vue par le réalisateur Carlos César Arbelaez
De passage en Suisse en mars, le réalisateur a volontiers parlé de son premier long-métrage. Interview : Renzo Stroscio, équipe Filmar.
Parlez-moi de votre projet, comment est-il né ?
L’idée principale de ce projet est né autour d’une image, celle d’un enfant de la campagne qui veut savoir ce qu’il y a derrière la montagne de son village, en peu de mot voilà ce qui était esquisser à l’origine. Au départ, il s’agissait de faire un court-métrage mais peu à peu ce premier dessein s’est métamorphosé en un long format, je n’entendais pas expliquer la situation politique du pays, à aucun moment j’ai souhaité traiter le conflit armé en tant que tel, ne pas en faire un point central, juste l’évoquer. Mais en fait, en filmant la réalité quotidienne des gens de ce village andin et des circonstances très difficiles de vie, la région d’Antioquia est très affectée par la guerre et les déplacements de population, cette problématique indissociable et inséparable du lieu de tournage à pris sa place dans le film. De toute manière, je ne voulais pas traiter le conflit armé au premier plan car la politique n’était pas le thème principal du film.
De cette idée, je souhaitais tout d’abord parler de l’enfance, de l’amitié et la force qui émerge dans les relations d’amitié chez les enfants des campagnes et tout ce qui l’entoure et de les mettre au premier plan. Il n’était pas question non plus d’une histoire qui raconte ma vie, je suis né et ai grandi en ville mais il est vrai que j’ai grandi avec cette brutalité, mon grand-père a été tué suite aux violences entre les deux partis existants à cette époque, c’était en 1957.
Comment s’est porté le choix de Manuel et des autres enfants ?
Le casting des enfants a été l’une des étapes clés pour la mise en œuvre du film. Nous avons rencontré plus de 3'000 enfants et auditionné et filmés 400 d’entre eux pour arriver finalement aux dix 10 finalistes et choisir notre personnage principal Manuel. L’idée était de mixer le casting à Medellin et dans les campagnes, dans le village de Jardin. Le cas de Poca Luz, l’enfant albinos dans le film, a été singulier, puisque sa famille a été déplacée.
C’est grâce à la contribution des Escuelas Populares del Deporte qui accueillent des centaines d’enfants dans leurs centres qui nous ont permis d’effectuer la majeure partie des recherches.
D’autre part, il s’agissait que ces enfants-acteurs deviennent amis, dès lors chaque weekend je me suis chargé de les emmener à la campagne pour qu’ils jouent ensemble et évoluer dans un contexte rural. Le travail avec les enfants a été très gratifiant mais a exigé une grande patience. Lors du tournage, il y a eu beaucoup d’improvisation, car les enfants n’ont jamais lu le script, d’ailleurs ils n’ont véritablement connu le fond du film.
Comment s’est passé le tournage ?
Le projet a mis une dizaine d’années à se réaliser, à voir le jour, plusieurs freins sont survenus, j’ai souvent pensé que ce film était voué simplement à l’échec. Pourtant une fois les obstacles surmontés le tournage a pu commencer dans le courant 2008, durant sept semaines. Il n’y a pas eu de difficultés particulières, nous avons par contre mis du temps à trouver le lieu qui convenait.
Quel accueil le public lui a-t-il réservé ?
Il a été bien accueilli par les habitants de Jardin ou nous avons filmé. Puis en mars lors de sa sortie en salle en Colombie, durant les dix premiers jours plus de 180'000 spectateurs ont vu le film. Los colores de la montaña a eu globalement un grand succès que je ne m’attendais pas, je suis d’ailleurs encore aujourd’hui surpris !!
Le synopsis
La Pradera, un village dans la cordillère des Andes en Colombie. Avec son vieux ballon, Manuel joue chaque jour au football avec les garçons de son âge. Le jour de ses 9 ans, son père lui offre un nouveau ballon et une paire de gants de gardien de but. Un jour, par maladresse, Manuel et son copain de toujours Julian, shoote le ballon sur un champ de mines. Malgré le réel danger, Manuel et le trio de petits copains décident d’aller le récupérer…
Brève biographie du réalisateur
Carlos César Arbalaez (43 ans) est originaire du département d’Antioquia, au nord-ouest de la Colombie, cette région s’étend des montagnes des Andes jusqu’à la mer des Caraïbes.
Il a effectué des études de communication à l’Université de Medellin d’Antioquia puis de cinéma à Cuba ainsi qu’à l’Ecole Nationale d’Expérimentation et de Réalisation Cinématographique en Argentine. Carlos C. Arbalaez est l’auteur de films documentaires écrits et réalisés pour la télévision, dont Negro Profundo – Historias de mineros (2002) salué au festival du film de Bogotá. Le réalisateur à aussi deux courts à son actif « La edad del hielo » de 1999 et « La Serenata » réalisé en 2008. Los Colores de la Montaña est son premier long-métrage de fiction.
Ces propos ont été recueillis lors d’un interview en mars 2011 à Genève. Renzo Stroscio.


